Manifestations antigouvernementales : la crainte d’un nouveau blocage des aéroports fait chuter la bourse thaïlandaise de 1,39 %Écrit par Lek Issan le 21 janvier 2010
Des chefs d’entreprise et des analystes ont fait part de leurs inquiétudes ce mardi (19 janvier 2010) à propos des conséquences sur l’économie du pays si les aéroports étaient de nouveau pris en otage dans un prochain épisode du feuilleton politique thaïlandais.
La bourse de Bangkok a chuté de 1,39 % hier, suite à l’annonce d’un possible rassemblement de chemises rouges (partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra) à l’aéroport de Suvarnabhumi.
Des porte-parole du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (United front for Democracy against Dictatorship ou UDD), un groupe dirigé par des partisans de Thaksin, ont assuré que la manifestation, prévue en principe pour la semaine prochaine, ne devrait pas perturber les opérations aéroportuaires ni les passagers.
Mais l’inquiétude se propage rapidement et l’on craint que la manifestation soit le prélude à une resucée des évènements survenus en novembre et décembre 2008, quand les chemises jaunes de l’Alliance du Peuple pour la Démocratie (People’s Alliance for Democracy ou PAD) ont provoqué la fermeture pendant 8 jours de l’aéroport de Suvarnabhumi, ce qui a subséquemment entraîné la démission du gouvernement dirigé par le Parti du Pouvoir du Peuple (People’s Power Party ou PPP), successeur du Thai Rak Thai, le parti fondé par Thaksin Shinawatra.
Satit Rungkasiri, le directeur général du bureau de la politique fiscale (Fiscal Policy Office) du ministère des Finances, a prévenu qu’une fermeture de l’aéroport serait comparable à un « suicide national ».
« Si l’aéroport est fermé en raison de protestations politiques, cela aura des conséquences économiques aussi graves qu’à Map Ta Phut (dans la province de Rayong, où de nombreux projets industriels ont été suspendus). Personne, ni aucun pays, ne pourrait accepter une seconde fermeture de son aéroport principal », a-t-il affirmé.
Serirat Prasutanond, le président des Aéroports de Thaïlande (Airports of Thailand), a demandé publiquement aux chemises rouges de renoncer à cette manifestation.
« Toute protestation aura certainement un impact négatif sur notre industrie touristique et l’image de notre pays. Nous avons payé très cher la fermeture de l’aéroport en 2008. Alors, s’il vous plaît, ne laissez pas cela se reproduire », a-t-il déclaré.
Prakit Chinamourphong, le président de l’Association des hôtels thaïlandais (Thai Hotels Association), assure pour sa part que l’image de la Thaïlande dans le monde serait « détruite » si l’aéroport était fermé.
« Le gouvernement doit tout faire pour protéger l’aéroport, même si cela implique des mesures draconiennes », a-t-il dit.
