Des partisans du mouvement des chemises rouges ont été blessés dans un accident d’autobus

Trente-huit partisans du mouvement des chemises rouges ont été blessés, dont six grièvement, quand un autobus, spécialement affrété, les ramenant du principal site du rassemblement antigouvernemental de Bangkok jusqu’à Nong Bua Lamphu, s’est renversé sur le trajet, dans la nuit de mardi à mercredi (31 mars 2010), route Mittrapap, au niveau du district de Sikhiu, dans la province de Nakhon Ratchasima, a signalé la police.

Le commandant Prapas Marerngsit, du commissariat de police de Khlong Phai, dans le district de Sikhiu, a déclaré que l’autobus climatisé, exploité par la compagnie de transport Chok Amnuay, a dérapé et s’est renversé quelque part entre les bornes kilométriques 87 et 88, à un embranchement de la voie rapide menant à Nakhon Ratchasima.

L’accident s’est produit à 22 heures 23. Le conducteur a fui la scène.

Vingt-quatre femmes et quatorze hommes ont été blessés, et les sauveteurs les ont aidé à sortir de l’autocar accidenté. Six d’entre eux sont dans un état grave. Tous ont été admis à l’hôpital Maharaj de Nakhon Ratchasima.

L’autobus transportait environ 50 partisans du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (United Front for Democracy against Dictatorship ou UDD) du site de rassemblement situé au pont Phan Fa à Bangkok à destination du district de Na Wang, dans la province de Nong Bua Lamphu.

Plus tôt ce mardi (29 mars 2010), quatre militants des chemises rouges ont été tués et deux grièvement blessés lorsque le véhicule de type pickup qui les transportait est sorti de la route et a fini sa course dans un arbre dans le district de Phan (province de Chiang Rai). Ils rentraient également chez eux (à Phan) après avoir participé à la manifestation de l’UDD à Bangkok.

Lundi (28 mars 2010), un précédent accident avait fait un mort et six blessés graves. Leur véhicule s’est renversé au niveau du district de Chalerm Phrakiat, également situé dans la province de Nakhon Ratchasima.

Source : Bangkok Post (article mis en ligne le 31 mars 2010)

Un sexagénaire irlandais a été retrouvé mort dans la province de Khon Kaen

KHON KAEN – Un Irlandais âgé de 60 ans a été retrouvé mort lundi (29 mars 2010) dans la chambre qu’il louait dans cette province du nord-est de la Thaïlande.

La police a déclaré que le corps boursouflé d’Alan Byrne a été découvert à 10 heures du matin dans la chambre qu’il occupait au deuxième étage du dortoir de l’auberge Lam Inn, dans le district de Chum Pae.

La police pense que la mort de l’homme remonte à cinq jours. Son corps a été transporté à l’hôpital Srinakharin pour une autopsie.

L’homme louait cette chambre depuis le 27 janvier 2010.

L’enregistrement vidéo de la caméra de surveillance montre l’homme pénétrant dans le dortoir le 24 mars 2010. Il n’en serait pas ressorti de son vivant.

Source : The Nation (article mis en ligne le 29 mars 2010)

Les chemises rouges mettent fin aux pourparlers avec le gouvernement thaïlandais et vont intensifier leurs protestations

Les pourparlers de trêve entre le gouvernement thaïlandais et les chemises rouges du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (United Front for Democracy against Dictatorship ou UDD) sont terminés, parce que les deux camps ont des points de vue totalement divergents, a déclaré ce mardi (30 mars 2010) Jatuporn Promphan, l’un des responsables de l’UDD et député du parti d’opposition Pheu Thai. C’est la fin des négociations et les chemises rouges n’entreront pas en pourparlers discrets avec le gouvernement derrière le dos des gens. Les deux parties n’arrivent pas à trouver un accord, a dit M. Promphan.

Au cours de la réunion qui a eu lieu tard dans la soirée de lundi (29 mars 2010), le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a offert à l’UDD un compromis, expliquant qu’il acceptait de provoquer des élections législatives anticipées à la fin de l’année (soit avec un an d’avance sur le calendrier électoral).

« Nous voulons que le gouvernement dissolve la Chambre des représentants dans les 15 jours qui viennent, mais le gouvernement a indiqué qu’il avait besoin de neuf mois. »

« Le gouvernement et l’UDD, c’est un peu comme l’eau et l’huile. Nous ne pouvons pas nous accorder. », a affirmé M. Promphan. Le gouvernement ne peut pas exiger de nouveaux pourparlers en échange de la révocation de la Loi de Sécurité Intérieure (Internal Security Act ou ISA), a-t-il ajouté.

« Les protestations des chemises rouges vont désormais s’intensifier : nous faisions jusqu’à présent pression sur le gouvernement pour obtenir la dissolution du Parlement, maintenant, nous allons lutter pour renverser la coalition au pouvoir, mais toujours pacifiquement », a précisé Jatuporn Promphan.

Cependant, si le gouvernement acceptait de dissoudre le Parlement dans les trois mois, les chefs de l’UDD en discuteraient et demanderaient son avis à la base.

Abhisit Vejjajiva a regretté ce mardi l’échec des négociations avec les représentants de l’opposition.

« C’est dommage que les chefs du mouvement des chemises rouges aient rejeté si vite l’offre du gouvernement et aient mis immédiatement fin aux pourparlers. Néanmoins, le gouvernement reste ouvert à de nouvelles discussions », a assuré M. Vejjajiva.

Le cabinet a consenti ce mardi à prolonger d’une semaine encore l’utilisation de l’ISA à Bangkok et dans deux autres provinces avoisinantes, a indiqué Boonjong Wongtrairat, adjoint du ministre de l’Intérieur.

Les dispositions, mises en œuvre dans le cadre de l’ISA à Bangkok, Nonthaburi et Samut Prakan pour assurer la paix et l’ordre pendant les manifestations antigouvernementales, devaient prendre fin aujourd’hui.

Le cabinet a approuvé la mise en place de l’ISA dans le district de Cha-am (province de Petchaburi), et dans celui de Hua Hin (province de Prachuap Khiri Khan), pendant toute la durée du sommet consacré à la situation du fleuve Mékong (Mekong River Summit), a déclaré Chaiwut Bannawat, adjoint du ministre de l’Éducation nationale.

La commission du fleuve Mékong se réunira du 2 au 5 avril 2010 à Hua Hin.

La Loi de Sécurité Intérieure sera mise en œuvre afin d’assurer la protection des responsables politiques étrangers qui participeront à la rencontre.

Source : Bangkok Post (article mis en ligne le 30 mars 2010)

Ce qui a été dit au cours du débat (du 28 mars 2010) entre les représentants du gouvernement thaïlandais et ceux des chemises rouges

Dimanche 28 mars à partir de 16 heures, des pourparlers ont eu lieu, à l’Institut du roi Prachadipok, entre le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva et des dirigeants de l’opposition.

Jatuporn Promphan, Weng Tohjirakarn et Veera Musikhapong représentaient le mouvement des chemises rouges. Pour la coalition gouvernementale, les intervenants étaient le Premier ministre Abhisit Vejjajiva, Korbsak Sapavasu, le secrétaire général du bureau du Premier ministre, et Chamni Sakdiset, député et secrétaire général du parti démocrate. Les représentants de l’opposition étaient évidemment vêtus de rouge, tandis que ceux du gouvernement étaient habillés en bleu.

La réunion a commencé par une séance de photos, mais les pourparlers étaient retransmis en direct à la télévision. Ce jour (28 mars 2010), il n’y a pas véritablement eu de négociations, mais chaque clan a expliqué sa position. Ce qui suit est un résumé chronologique de ce qui a été dit.

Veera Musikhapong : Nous avons précédemment discuté par médias interposés. Maintenant, nous pouvons nous parler face-à-face. Je remercie le Premier ministre d’être venu. L’objectif des chemises rouges est la dissolution du Parlement. Il n’y a pas eu de conclusion au cours du débat sur la réforme constitutionnelle et une dissolution est la solution.

Abhisit Vejjajiva : Nous voulons que la Thaïlande gagne, et non pas un seul groupe. Nous ne voulons pas d’ennemis et avons des points de vue différents [Veera Musikhapong acquiesce]. Je n’ai jamais refusé de dissoudre le Parlement. La dissolution est normale dans un système parlementaire, mais il faut se poser la question de savoir si la dissolution est la réponse appropriée ? J’ai parlé à nos partenaires de la coalition aujourd’hui pour qu’ils sachent ce qui se passe et vous pouvez être assurés que lorsque vous sortirez d’ici, il n’y aura pas d’ambiguïté dans notre communication. La dissolution n’est pas la même chose qu’un référendum. On peut choisir un parti, mais cela ne signifie pas qu’on approuve les raisons évoquées par ce parti pour réclamer la modification de la constitution. En outre, si nous conservons la constitution actuelle, qu’arrivera-t-il si l’on constate des irrégularités au cours d’une campagne électorale qui entraîneraient la dissolution d’un parti et l’inéligibilité de candidats ?

Veera Musikhapong : Nous voulons que le Premier ministre admette que le coup d’État [du 19 septembre 2006 qui a renversé le gouvernement de Thaksin Shinawatra] et ce qui s’est passé après, les ordonnances de la junte et la constitution de 2007, constituent le problème. Il existe aussi des différences de traitement des conflits entre maintenant, sous le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva et avant, sous celui de Samak Sundaravej. Samak Sundaravej a demandé l’aide des militaires, mais ils ont refusé. Cependant, l’armée protège actuellement le gouvernement en place.

Abhisit Vejjajiva : Tout le monde veut une démocratie pure à 100 pour cent, mais comment pouvons-nous atteindre ce but ? S’il y a dissolution, y aura-t-il encore un problème ? Les difficultés n’ont pas toutes commencé avec le coup d’État. Somchai Wongsawat et Samak Sundaravej ont été confrontés à des problèmes eux aussi. Le Parlement souhaitait modifier six dispositions de la constitution, mais le parti Pheu Thai a manifesté son désaccord. Sur ce, il y a aussi eu l’influence de quelqu’un dont je ne veux pas parler d’une manière négative en son absence [Abhisit Vejjajiva fait ici allusion à Thaksin Shinawatra].

Jatuporn Promphan : J’étais à la réunion du parti Pheu Thai. Ce n’est pas à cause de Thaksin que le parti n’était pas d’accord. Nous voulions le retour de la constitution de 1997 et ne croyions pas que le processus des six dispositions allait dans ce sens. En outre, vous devriez vous rappeler, monsieur le Premier ministre, que votre parti a également voté pour le rejet de l’amendement de la constitution. Le parti démocrate s’est désormais fixé un objectif de 280 députés [sur 480 ; il s'agit d'un objectif fixé au cours d’une réunion des démocrates samedi 27 mars 2010]. Par conséquent, vous pouvez dissoudre le Parlement et vous obtiendrez néanmoins la majorité si vos objectifs se réalisent. Si le parti Pheu Thai perd l’élection et que les Thaïlandais choisissent majoritairement des élus démocrates, nous aurons échoué. Cela signifiera que le peuple vous veut et qu’il rejette les solutions du parti Pheu Thai.

Chamni Sakdiset : Je n’avais pas imaginé qu’il pourrait y avoir un autre coup d’État après celui de 1991. Comment pouvons-nous modifier ensemble cette constitution ? Je ne vois pas comment nous pourrons obtenir des réponses sur ce qui devrait être modifié dans la constitution après une élection.

Weng Tohjirakarn : Ce que nous voulons, c’est la démocratie réelle pour les Thaïlandais et l’établissement d’une monarchie constitutionnelle dans le pays, comme celle qui existe au Royaume Uni. Je n’ai pas toujours été d’accord avec Thaksin Shinawatra, mais son gouvernement était issu d’une élection. Nous avons subi un coup d’État et des « organismes indépendants » ont été mandatés par la junte militaire alors au pouvoir. Le général Anupong Paochinda, commandant en chef des armées, a refusé de faire appliquer l’état d’urgence quand Samak Sundaravej s’est trouvé en difficulté. Et lorsque le gouvernement de Somchai Wongsawat a demandé aux militaires de l’aider à maintenir l’ordre à l’aéroport, l’armée a laissé la situation se dégrader sans réagir. Mais maintenant, Anupong Paochinda envoie des troupes pour protéger Abhisit Vejjajiva. L’armée vous a aidé à devenir Premier ministre. Cette influence extérieure signifie que vous êtes devenu un élément de l’ammat (ordre aristocratique). Une élection doit donner le pouvoir au peuple. Le budget militaire a augmenté de façon spectaculaire après le coup d’État [de 80 à 140 milliards de bahts]. L’armée a gagné trop de pouvoir. Le référendum sur la constitution de 2007 a eu lieu lorsque la moitié du pays était sous la loi martiale, et le gouvernement, avec le soutien de l’armée, a alors dépensé des milliards pour inciter les gens à voter « oui ». Comment un référendum peut-il être considéré comme légitime lorsque le peuple vote en présence d’hommes en armes ? La constitution de 2007 permet de punir un parti et ses dirigeants pour les fautes d’une seule personne. Peu importe à l’encontre de qui s’applique cette sanction, ce n’est pas juste. La constitution de 2007 donne le pouvoir à sept personnes de nommer 74 sénateurs.

Abhisit Vejjajiva : Vous mentionnez le Royaume-Uni comme modèle du système politique que vous voulez voir instauré en Thaïlande, mais, au Royaume-Uni, il existe une législation qui définit des limites pour les manifestations publiques, et dans ce pays, on n’aurait pas permis aux protestataires du mouvement des chemises rouges d’agir comme ils l’ont fait. Nous avons besoin d’une feuille de route [il utilise le terme anglais de « road map »] pour faire évoluer le pays. Nous devons effectuer des changements durables, et non pas appliquer des solutions de fortune jusqu’à la prochaine élection. [Il se tourne alors vers Weng Tohjirakarn.] Dans vos années de combat pour la démocratie, est-ce qu’un autre Premier ministre s’est déjà assis en face de vous pour discuter ? Je vous fais d’ailleurs remarquer que je n’ai jamais accusé quiconque d’être responsable des récents attentats.

Jatuporn Promphan : Nous ne devrions pas nous éloigner du sujet aujourd’hui. Ce que nous voulons, c’est la dissolution. Je vous rappelle, Monsieur Vejjajiva, qui vous aviez vous-même demandé la démission de Samak Sundaravej. Par ailleurs, puisque vous évoquez le caractère illégal des manifestations, avez-vous porté le même jugement et rendu visite aux protestataires quand l’Alliance du peuple pour la démocratie (People’s Alliance for Democracy ou PAD) a pris possession de la Maison du Gouvernement ? Nous n’avons qu’une seule demande, contrairement à Thaksin Shinawatra, qui en a de nombreuses, et c’est la dissolution du Parlement. Si vous ne le dissolvez pas, nous continuerons notre lutte, mais je vous assure que nous ne prendrons pas possession d’un seul édifice gouvernemental. Encore une fois, notre unique souhait est la dissolution du Parlement. Et ce que vous [il s’adresse à Abhisit Vejjajiva] allez faire cela ?

Abhisit Vejjajiva : Certaines personnes me disent que je ne dois pas dissoudre le Parlement, mais je suis venu aujourd’hui pour discuter avec vous. Il y a beaucoup d’autres gens qui ont une opinion aussi. En tant que Premier ministre, je dois tenir compte de l’avis de tout le monde. Il y a aussi ceux que vous appelez les « faux rouges » et qu’arrivera-t-il alors s’ils veulent nous mettre des bâtons dans les roues ? Nous devons définir un cadre pour de nouveaux pourparlers. Avant une éventuelle dissolution, il nous faut d’abord nous mettre d’accord sur les modifications à apporter à la constitution. Nous pouvons nous réunir à nouveau demain si nécessaire.

Jatuporn Promphan : Combien de temps ce processus de révision de la constitution va-t-il prendre ? Nous avons déjà perdu plusieurs mois et cela n’a abouti à rien. Nous ne sommes pas d’accord pour modifier la constitution avant la dissolution du Parlement. Nous voulons d’abord une élection. Nous ne croyons pas que des amendements peuvent être adoptés maintenant, car il y a trop de divergences [entre la position du gouvernement et celle de l’opposition]. Si nous obtenons la dissolution, nous ne ferons pas obstruction au parti démocrate [dans sa campagne électorale].

Veera Musikhapong : Les problèmes ont commencé avec le coup d’État. Il était anticonstitutionnel. Les conflits actuels entre les chemises rouges et le gouvernement sont une conséquence du coup d’État. Nous voulons modifier la constitution, mais cela ne se fait pas. Aucun nouveau référendum n’a été proposé. Il n’y a pas de discussion sur ces points au Parlement. S’il y a dissolution, nous recommencerons tout à zéro et les partis politiques pourront proposer leurs amendements à la constitution durant la campagne électorale. Une campagne électorale, c’est comme un référendum.

Abhisit Vejjajiva : Je me suis opposé au coup d’État, peu importe les justifications avancées pour son déclenchement. Il a engendré une situation problématique, mais les difficultés ont commencé avant, dès 2005 [Abhisit Vejjajiva prend grand soin de ne pas mentionner le nom de Thaksin Shinawatra]. Il y a eu des ingérences dans les actions d’organismes indépendants. Il y avait déjà des problèmes avec la constitution de 1997 et tous les partis ont convenu de l’amender alors au milieu de l’année 2006. D’autre part, la constitution de 2007 comprend plusieurs bonnes choses. Beaucoup de gens souhaitent l’amender, mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce qu’il faut modifier. Il est appréciable d’entendre Veera Musikhapong assurer que les chemises rouges accepteront tout résultat découlant d’une élection.

Korbsak Sapavasu : Nous devrions parler de ce que nous pouvons faire pour avancer. Je conviens qu’il est difficile d’amender la constitution. Vous dites que nous pouvons avoir une dissolution, puis une élection, et ensuite, le gagnant de l’élection pourra alors proposer des amendements à la constitution. Toutefois, est-ce qu’un seul parti remportera la majorité lors de la prochaine élection ? Les principaux partis auront probablement encore besoin de discuter avec les partis minoritaires sur la modification de la constitution. Le Premier ministre doit se rendre demain matin (29 mars 2010) à l’étranger. Nous pouvons reprendre notre débat demain soir. Je peux parler avec Weng Tohjirakarn (s’il est d’accord) dans l’intervalle.

Jatuporn Promphan : Peut-on avoir une pause toilette et discuter quelques minutes entre nous ?

[Korbsak Sapavasu donne le signal pour une pause, mais Weng Tohjirakarn commence à parler. C'est juste une resucée partielle de ce qu'il a dit précédemment, Abhisit Vejjajiva lui répond et une pause de cinq minutes a lieu. Au retour, c’est Chami Sakdiset qui reprend la parole.]

Chami Sakdiset : Nous sommes en désaccord sur ce qu’il faut faire en premier, amender la constitution ou prononcer la dissolution du Parlement.

Veera Musikhapong : Nous voyons les choses différemment sur ce sujet. Nous devrions arrêter là pour l’instant, en parler entre nous, puis revenir à la table de négociation pour en débattre ensemble.

Abhisit Vejjajiva : Nous ne sommes pas en complet désaccord. Nous pensons simplement que nous avons besoin de régler certaines choses avant une éventuelle dissolution du Parlement.

Jatuporn Promphan : La dissolution devrait avoir lieu dans les deux semaines qui viennent. Nous pouvons encore discuter ensemble demain.

Abhisit Vejjajiva : Nous avons fait tout ce que nous avons pu pour aujourd’hui.

[Abhisit Vejjajiva doit se rendre à Brunei le lendemain matin et rentrera vers 17 heures. Les deux parties acceptent de reprendre les discussions à partir de 18 heures demain.]

Source : Bangkok Pundit (article mis en ligne le 29 mars 2010 sur AsianCorrespondant.com)

Abhisit Vejjajiva accepte de discuter avec 3 dirigeants des chemises rouges

Natthawut Saikua a annoncé que le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva a accepté de discuter avec 3 dirigeants des chemises rouges au nouveau complexe de bureaux du gouvernement situé à l’Institut du roi Prachadhipok (King Prachadhipok’s Institute) à 16 heures (le 28 mars 2010).

Natthawut Saikua a expliqué qu’il ne participera pas à la négociation, car il devait rester au pont Phan Fa (le site principal du rassemblement des chemises rouges à Bangkok) pour encadrer les manifestants.

Si aucun accord n’est conclu, les trois responsables principaux du mouvement d’opposition participant à la rencontre (Jatuporn Promphan, Weng Tojirakarn et Veera Musikhapong) retournront au pont Phan Fa pour décider de la prochaine étape, a précisé Natthawut Saikua.

Source : The Nation (information mise en ligne le 28 mars 2010)

Udon Thani : un chauffeur de songthaew a été assassiné

UDON THANI, le 22 mars 2010 – Le corps d’un homme de 48 ans a été retrouvé à côté de son songtaew (pickup aménagé en taxi collectif) opérant sur le trajet n°16. Le chauffeur assassiné présentait d’importantes blessures à la tête. La police a identifié l’homme. Il s’agirait de Monsieur Thong, du district de Nong Bua, dans Udon Thani. Il serait mort environ 8 heures avant l’arrivée des policiers.

L’enquête préliminaire a révélé que M. Thong était rentré chez lui après avoir participé à une manifestation des chemises rouges le 19 mars 2010. Sa femme a déclaré qu’il avait beaucoup bu les nuits suivantes, qu’il aimait se vanter d’avoir couché avec plusieurs femmes et une nuit, il aurait été impliqué dans une bagarre. On l’a retrouvé mort dans la matinée du 22.

Les policiers poursuivent leurs investigations.

Source : Udon Map (article mis en ligne le 23 mars 2010)

Udon Thani : quelques faits divers s’étant déroulés dans la semaine du 18 au 25 mars 2010

- La Croix-Rouge thaïlandaise a donné de l’argent et des cadeaux à un foyer de personnes handicapées qui a été endommagé par un incendie.

- L’équipe de paintball d’Udon Thani s’est préparée pour le championnat de cette discipline prévu à Bangkok (du 27 au 28 mars 2010).

- Une mère de famille est accusée d’avoir assassiné un homme trouvé mort près de son songthaew (pick-up aménagé en taxi collectif).

- Un adolescent âgé de 18 ans, originaire du village de Pho Sawang, se pend suite à un différend avec ses parents au sujet de son mariage.

- Des jeunes de 14 ans ont été arrêtés pour s’être introduits dans des maisons et y avoir volé des biens pour une valeur de 1 à 2 millions de bahts sur une courte période.

- La police a arrêté une bande de trafiquants de drogue dans une maison de la rue Adunyadet. La bande achetait du yaba (méta-amphétamine), du cannabis et de l’alcool de contrebande à Nong Khai pour les revendre à Udon Thani.

- Un voleur de voitures et de motos, âgé de 18 ans, a été arrêté. L’homme a déjà été appréhendé pour un crime similaire dans le passé et fait maintenant face à une condamnation de 4 ans de prison.

- 3 jeunes hommes ont été arrêtés pour vente de yaba (méta-amphétamine) et agression sexuelle sur une fleuriste de 32 ans.

- La police a arrêté deux femmes (de 26 et 44 ans) qui vendaient de le poudre de méta-amphétamine. La drogue a été achetée à Bangkok pour être revendue à Udon Thani.

Source : Udon Map (informations mises en ligne le 25 mars 2010)

Des soldats sont retirés de plusieurs campements après un rassemblement des chemises rouges

Des militaires ont été retirés ce samedi (27 mars 2010) de huit postes de garde installés dans le centre de Bangkok sous la pression croissante des chemises rouges qui avaient menacé de se rendre à l’intérieur de ces campements.

Le retrait des soldats est intervenu après un rassemblement de chemises rouges devant les huit emplacements militaires. Les représentants des manifestants ont alors exigé que les troupes retournent à leur caserne, si elles ne voulaient pas affronter des protestataires combattant mains nues.

Des camions chargés de soldats ont donc quitté les campements de Wat Bowon Niwet, Wat Tri Thotsathep, Wat Makut Kasat, Wat Kae Nang Loeng, Wat Sommanat, de l’hippodrome Nang Loeng, du zoo de Dusit et de l’École de Commerce Pranakon, sous les applaudissements d’une foule de chemises rouges.

À 14 heures, le Vice-premier ministre Suthep Thaugsuban est apparu à une conférence de presse de la télévision nationale et a réaffirmé que le gouvernement était toujours apte à contrôler la situation. Les soldats ont été retirés pour éviter la confrontation, a-t-il expliqué.

« Actuellement, ils doivent abandonner leur position pour éviter une confrontation », a-t-il déclaré depuis le 11ème Régiment d’Infanterie où le centre des opérations de maintien de la paix du gouvernement est installé.

« Personne ne perd la face, nous voulons simplement maintenir l’ordre public et contenir la situation », a-t-il assuré.

Il a été ordonné à l’armée et à la police de faire montre d’une extrême patience vis-à-vis des protestataires antigouvernementaux.

Suthep Thaugsuban a dit que le retrait des troupes était « un ajustement » et que les soldats retourneraient sur place ultérieurement.

Cependant, les chefs du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (United Front for Democracy against Dictatorship ou UDD) ont crié victoire après le retrait des militaires.

« Les chemises rouges ont triomphé car les soldats quittent actuellement leurs campements », a annoncé, près de Nang Loeng et grâce à un mégaphone installé sur un camion, le député du parti d’opposition Pheu Thai, Jatuporn Promphan, l’un des responsables de l’UDD.

« Ce n’est pas seulement notre victoire, mais une victoire pour tout le peuple », a affirmé Natthawut Saikua, un autre dirigeant du mouvement antigouvernemental, sous les acclamations des manifestants.

Le colonel Sansern Kaewkamnerd, porte-parole pour le centre des opérations de maintien de la paix, a assuré que l’armée redéployait simplement les soldats pour éviter une confrontation, en espérant que cela calmerait les protestataires.

« Les militaires ne sont pas les ennemis des chemises rouges. Ils ont été placés dans des campements qui sont assez éloignés du principal lieu de rassemblement. »

« Si tous les soldats abandonnent les postes de garde, qui sera responsable du maintien de l’ordre si la situation dégénère ? », a-t-il demandé.

Le général de division Piya Uthayo, porte-parole du bureau de la police métropolitaine, a indiqué que la sécurité sera renforcée dans ces secteurs pour éviter qu’une tierce partie tente d’y semer le trouble.

Une fois leur objectif atteint, les protestataires sont retournés à leur point principal de rassemblement situé au niveau du pont Phan Fa.

Quelques heures avant cette action, il y a eu une petite déflagration au Département des Douanes, dans Klong Toey. C’est la dernière attaque en date, qui fait suite à une douzaine environ d’attentats à la bombe, survenus dans Bangkok et ses environs immédiats au cours des récentes semaines.

L’explosion, qui a eu lieu à 15 heures ce jour (27 mars 2010) a brisé des vitres et endommagé un fourgon garé à proximité, mais n’a causé aucune blessure.

« Nous ne savons pas encore de quel type de bombe il s’agissait ; nous devrons attendre les résultats de l’expertise légale », a déclaré un policier de quartier.

Des rapports précédents ont évoqué une grenade K75 à fragmentation.

Source : Bangkok Post (article mis en ligne le 27 mars 2010)

Entrevue avec Jatuporn Promphan : que veulent les chemises rouges ?

Jatuporn Promphan, un des principaux dirigeants des chemises rouges, explique à Somroutai Sapsomboon et Sathien Wiriyapanphongsa du journal The Nation, l’avenir du mouvement d’opposition et ses relations avec Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre destitué.

The Nation : Est-ce que les quatre principaux dirigeants chemises rouges – vous-même, Natthawut Saikua, Veera Musikhapong et Weng Tojirakarn – représentent Thaksin Shinawatra dans les négociations avec le gouvernement ? Et que se passera-t-il s’il est en désaccord avec les négociations ?

Jatuporn Promphan : Nous avons une exigence claire : dissoudre le Parlement. M. Thaksin a indiqué clairement sur Twitter que les négociations sont notre affaire. Il n’est pas impliqué dans les pourparlers. Ce que Payap [le jeune frère de Thaksin Shinawatra] a proposé [une médiation entre le Premier ministre Abhisit Vejjajiva et Thaksin Shinwatra] n’était pas notre idée.

The Nation : Les protestations s’arrêteront-elles si le Parlement est dissous ?

Jatuporn Promphan : Nous voulons que la situation revienne à la normale, de sorte que les gens puissent aller n’importe où dans le pays pour faire campagne et pour proposer leurs politiques. J’ai toujours dit que les chemises rouges n’iraient jamais perturber les campagnes électorales, et quiconque le ferait ne serait pas issu de notre mouvement.

The Nation : Avez-vous une date limite pour obtenir la dissolution du Parlement ? Le gouvernement peut-il le dissoudre dans trois ou six mois seulement ?

Jatuporn Promphan : Non, si nous voulions que le Parlement soit dissous au cours des trois prochains mois seulement, nous ne manifesterions pas maintenant.

The Nation : On dirait que cette condition n’est pas négociable.

Jatuporn Promphan : En effet, et cela serait profitable à Abhisit Vejjajiva, parce qu’il ne peut pas diriger le pays dans cette situation. Nous sommes venus à son secours – pour unir le pays. Ramenons la Thaïlande à l’époque d’avant le coup d’état de 2006.

The Nation : Si les discussions n’ont pas lieu, les chemises rouges continueront-elles à manifester pacifiquement ?

Jatuporn Promphan : Nous avons appris une leçon des affrontements de Songkran l’an dernier. Cette fois, nous avons organisé une plus grande manifestation et nous saurons quoi faire si les autorités tentent de réprimer le mouvement par la force.

The Nation : Êtes-vous prêts pour une lutte prolongée ?

Jatuporn Promphan : Nous ne subissons aucune pression, mais je pense qu’Abhisit Vejjajiva en subit, parce qu’il est la marionnette de président du Conseil privé du roi, Prem Tinsulanonda, qui ne se soucie pas du sort du Premier ministre. Il manipule tout. Je ne suis pas sûr s’il y aura des changements majeurs avant Songkran, mais nous ne nous arrêterons pas. Le gouvernement imagine peut-être que nous nous essoufflons, mais ce n’est pas vrai. Cette manifestation est très différente de celle de l’an dernier. Cette fois, nous avons le soutien des habitants de Bangkok. Je n’ai jamais vu une telle ferveur à Bangkok comme samedi dernier (22 mars 2010). Cela allait bien au-delà ce que feu l’ancien Premier ministre Samak Sundaravej, l’ancien gouverneur de Bangkok Chamlong Srimuang, et même Thaksin Shinawatra lui-même, ont jamais pu susciter. L’énorme soutien des habitants de Bangkok samedi dernier était fantastique, et plus nous recevons de support à Bangkok, plus la pression monte sur Abhisit Vejjajiva. C’est comme un nœud coulant autour du cou du gouvernement – il ne sera pas supportable très longtemps encore.

The Nation : Est-il possible que la manifestation se prolonge sur une année ?

Jatuporn Promphan : Non, je ne pense pas que ça va durer aussi longtemps.

The Nation : Comment Thaksin bénéficiera d’une victoire des chemises rouges ?

Jatuporn Promphan : Et bien, il en bénéficiera au même titre que tout autre citoyen thaïlandais, c’est tout. Ce que nous allons obtenir sera la Justice dans le respect de la Loi. Que Thaksin Shinawatra récupère ou non son argent n’est pas la question. Nous sommes allés bien au-delà de cela. Il se rend compte qu’il est comme tout autre citoyen thaïlandas et que son statut, comme ancien Premier ministre, n’a rien à voir avec les chemises rouges. Je pense qu’il souhaite rester prudent quant à son rôle dans la protestation actuelle.

The Nation : S’il gagne les prochaines élections, le parti Pheu Thai demandera t-il une amnistie pour Thaksin Shinawatra ?

Jatuporn Promphan : Ce qui est arrivé dans le passé est injuste, et nous pensons que c’est un cas de double-standard. Nous voulons corriger cela, non pas spécifiquement pour Thaksin Shinawatra, mais pour l’ensemble des justiciables.

The Nation : Êtes-vous souvent en contact avec Thaksin Shinawatra ?

Jatuporn Promphan : Nous ne communiquons pas avec lui tous les jours. Nous comprenons que la démocratie et la protestation vont bien au-delà de son intérêt personnel. Il comprend notre lutte pour la démocratie, et c’est pourquoi nous avons commencé à manifester longtemps après que le verdict a été rendu pour son affaire. Nous ne souhaitions pas lier les deux et donner l’impression que nous voulions faire pression sur le tribunal.

The Nation : Thaksin Shinawatra est-il impliqué dans les prises de décision des dirigeants du mouvement des chemises rouges ?

Jatuporn Promphan : Il fait partie de l’Alliance Démocratique contre la Dictature (Democratic Alliance against Dictatorship), mais il comprend que nous avons connaissance de la situation réelle. S’il a des idées ou des suggestions, nous sommes prêts à en débattre démocratiquement.

The Nation : Certaines personnes disent que, vous, Jatuporn Promphan, êtes simplement le pion de Thaksin Shinawatra.

Jatuporn Promphan : Selon cette logique, quand je me suis battu contre un dictateur militaire en mai 1992, et que Chuan Leekpai en a bénéficié en devenant premier ministre, j’aurais été aussi le pion de ce dernier ? Les allégations de ce genre ne me font ni chaud ni froid, parce que je sais que je lutte pour la démocratie.

The Nation : Que répondez-vous à ceux qui prétendent que vous « combattez pour vous enrichir » ?

Jatuporn Promphan : J’ai presque 45 ans, je possède une maison en ville et ma voiture est une Toyota Fortuner. C’est tout ce que j’ai, rien de plus, et il me semble que ces biens sont conformes à mes revenus. Voulez-vous que je vive dans un temple ?

The Nation : Quelqu’un a dit que les dirigeants de la protestation devraient être prêts à sacrifier leur vie. Ne craignez-vous pas d’être assassiné ?

Jatuporn Promphan : Depuis que j’ai survécu à la répression sanglante des protestations de mai 1992, le reste de ma vie est une victoire. Je n’ai rien à craindre, mais je ne veux pas mourir non plus. Je reste prudent.

Source : The Nation (entrevue publiée le 26 mars 2010)

Le gouvernement et les chemises rouges s’accusent mutuellement après les attaques à la grenade au ministère thaïlandais de la Santé

Des grenades ont explosé au ministère de la Santé publique juste une demi-heure après l’ajournement d’une réunion du cabinet ministériel, engendrant une guerre verbale entre le gouvernement et l’armée d’un côté, et des responsables du mouvement des chemises rouges de l’autre.

Suite aux deux explosions survenues hier (23 mars 2010) après-midi, l’armée a décidé d’adjoindre immédiatement 13 000 soldats supplémentaires à la force qui assure la sécurité dans la capitale thaïlandaise, et 17 000 autres hommes sont prêts à incorporer rapidement ce contingent si nécessaire.

Selon Panitan Wattanayagorn, le porte-parole du gouvernement, les auteurs de l’attentat, qui a eu lieu dans le parking de l’Institut des urgences médicales (Emergency Medical Institute) du ministère de la Santé, cherchaient à exposer des éventuelles lacunes dans les dispositions prises par l’État pour assurer la sécurité.

Le parking est situé à 700 mètres d’un bâtiment où le Premier ministre Abhisit Vejjajiva et son cabinet étaient en pourparlers jusqu’à environ 30 minutes avant les explosions.

Personne n’a été blessé par les déflagrations.

L’armée et la police ont déployé plus de 34 500 hommes pour maintenir l’ordre public à Bangkok depuis le 12 mars 2010, quand le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (United Front for Democracy against Dictatorship ou UDD) a lancé sa grande manifestation pour pousser le gouvernement actuel à dissoudre l’assemblée nationale et ainsi provoquer de nouvelles élections.

Sansern Kaewkamnerd, le porte-parole de l’armée et du CAPO (Centre for the Administration of Peace and Order), l’entité responsable du maintien de la paix et de l’ordre, a déclaré que les instigateurs de l’attaque à la grenade souhaitaient discréditer le gouvernement avec cet attentat.

« L’intention est de discréditer le gouvernement… », a-t-il dit.

« Le grand public subit la pression. Des gens innocents sont tenus en otage. Le CAPO condamne ceux qui sont derrière cette attaque. »

Il a démenti les rumeurs selon lesquelles l’attentat aurait été en fait fomenté par le gouvernement.

« Ce n’est pas l’action de fonctionnaires du gouvernement pour créer une situation [pouvant justifier des mesures répressives]. L’attaque n’a pas pu se produire pendant la réunion du cabinet parce que nous avions déployé des soldats à l’extérieur. Mais il y a eu une opportunité lorsque nous avons retiré les forces de sécurité de ce secteur. »

Natthawut Saikua, l’un des chefs des chemises rouges, a accusé la coalition au pouvoir d’être à l’origine des attaques à la grenade pour essayer d’entacher le mouvement antigouvernemental. Constatant que les grenades ont explosé seulement après la réunion du cabinet, il se demande si les instigateurs de l’attentat sont réellement des adversaires du gouvernement.

Il y a eu aussi une attaque à la grenade dans Chiang Mai hier (23 mars 2010), mais le projectile n’a pas explosé.

Ces attentats se sont produits le jour où le gouvernement approuvait l’extension de la loi de sécurité intérieure (Internal Security Act ou ISA) jusqu’à mardi prochain (30 mars 2010).

Le général de division Khattiya Sawasdipol, un partisan de l’ancien premier ministre destitué Thaksin Shinawatra, plus connu sous le surnom de Seh Daeng (le chef rouge), a nié être derrière les attaques au ministère de la Santé, mais a averti qu’il pourrait y avoir d’autres attentats visant les administrations et agences gouvernementales, car ce sont des symboles de l’amataya (l’élite bureaucratique).

Quelques heures après les événements au ministère de la Santé, le commandement des opérations de sécurité intérieure (Internal Security Operations Command ou ISOC), présidé par le Premier ministre, a tenu une réunion et a consenti à porter le nombre de policiers et de soldats assurant le maintien de l’ordre dans Bangkok et sa périphérie à 47 000 pendant la période de prolongation de l’ISA.

Des soldats en provenance de Nakhon Ratchasima, Kanchanaburi et Prachin Buri ont fait leur entrée dans Bangkok, a indiqué une source. L’Isoc a également mobilisé 17 000 autres soldats et policiers, qui sont prêts à intervenir depuis leurs unités respectives.

Les explosions de grenades au ministère de la Santé ont endommagé les fenêtres et les pneus de trois voitures, ainsi que le toit du parking. La police s’est rapidement rendue sur place pour récupérer, à des fins d’investigation, les éclats de grenade et les enregistrements des caméras du circuit fermé de vidéosurveillance installé le long de la voie express voisine.

L’enquête préliminaire a permis de déterminer que les grenades ont été tirées depuis la voie rapide, à environ 150 mètres derrière le ministère de la Santé, a précisé le général de division Supakit Srichantranon, chef de la police de Nonthaburi.

Le colonel de police Somsakchai Amornsongcharoen, commandant du district central, a ajouté que la police avait aussi examiné un immeuble qui surplombe la voie express, situé sur le même côté de la route Ngam Wong Wan, et à partir duquel il serait possible d’atteindre le ministère de la Santé avec un lance-grenade.

Aueychai Moonsiri, un fonctionnaire de l’Institut des urgences médicales âgé de 37 ans, a été témoin de l’attaque. Il a assuré avoir entendu la première grenade exploser et vu la fumée dégagée par la seconde explosion quelques minutes plus tard.

Source : Bangkok Post (article mis en ligne le 24 mars 2010)